N°10 - 17 juillet 2009
 

AGENDA

Du 17 au 31 juillet

20 Juillet Rencontre France/ Présidence suédoise de l’Union européenne
22/23 Juillet WPIE Climat, Bruxelles
24/25 Juillet Rencontre informelle des ministres de l’Environnement, Suède

Blog de Brice Lalonde

ACTUALITES FRANÇAISES ET EUROPEENNES

Renforcement de capacités pour l’Afrique

La France poursuit et continue à s’appuyer sur son expertise en inventaire et en foresterie
Les pays en développement sont tenus dans le cadre de la Convention Climat de réaliser des inventaires de leurs émissions de gaz à effet de serre, par secteur d’activités. Cependant pour leur réalisation, ces pays dont les pays du Bassin du Congo se heurtent à des problèmes de capacités en matière de méthodologie. C’est pourquoi la France s’est engagée dans une action de formation des experts africains dans ce domaine précis, car ces actions de renforcement de capacité en faveur de l’Afrique font partie des actions prioritaires françaises sur le plan international et sont au cœur des négociations de Copenhague dans la discussion des actions MRV (mesurable, reportable, vérifiable) et des négociations sur la forêt . Après une première phase à Paris en 2008 où les principes de bases ainsi que des éléments méthodologiques ont été abordés, la seconde phase vient de s’achever en Afrique Centrale : plusieurs ateliers sectoriels en parallèle ont été proposés afin d’aider les experts africains à mener à bien leurs calculs d’émission , quel que soit le secteur émetteur concerné.

« Play to stop - Europe for climate »

Lancement par la Commission européenne et MTV Networks d’une campagne de six mois destinée à sensibiliser les jeunes aux dangers du changement climatique et à les mobiliser dans la perspective de la conférence de Copenhague. L’objectif de la campagne qui sera menée de juillet à décembre dans onze États membres dont la France , est d’inciter les jeunes à s’impliquer dans la lutte contre le changement climatique. Si les jeunes sont conscients des risques liés au changement climatique, ils prennent rarement des initiatives pour le combattre. Selon une enquête réalisée à l’échelle européenne (En savoir plus ), alors que les jeunes considèrent le changement climatique comme le plus grave problème auquel le monde est confronté après la pauvreté, seuls 51 % des 15-24 ans ont pris des mesures pour lutter contre le phénomène, ce qui est le pourcentage le plus faible parmi tous les groupes d’âge. La campagne vise à informer les jeunes de ce qui pourrait se passer faute de parvenir à un accord à Copenhague, et à mettre à profit leur énergie pour faire pression sur les décideurs afin qu’ils concluent un accord. Une campagne qui appuie la résolution très récente des Nations unies qui invite les gouvernements à accueillir des jeunes dans leur délégation. Une initiative que la France devrait suivre à Copenhague . En savoir plus

Lancement des travaux de la Cinquième Communication nationale française

Dans le cadre de ses engagements internationaux , la France comme tous les autres pays industrialisés doit remettre aux Nations Unies au plus tard le 1er janvier 2010, sa cinquième communication nationale , dont l’objectif est de rendre compte de la mise en œuvre au niveau national des engagements internationaux français sur le climat. Un résumé analytique et huit chapitres composent ce rapport, La communication nationale traite des sujets suivants : les conditions propres à la France , les résultats de l’inventaire national des émissions de gaz à effet de serre , la description et l’évaluation de l’impact des politiques et mesures nationales , les projections des émissions françaises pour 2010 et 2020, les impacts et mesures d’adaptation , les ressources financières et transfert de technologie , la recherche et l’observation du climat , l’éducation, la formation et la sensibilisation du public. Le Département de Lutte contre l’effet de serre de la DGEC du MEEDDM en assure la maîtrise d’ouvrage, l’intégration des contributions et la diffusion. Une plate forme de travail afin de recenser toutes les informations utiles est désormais disponible (http://extranet.effet-de-serre.gouv.fr). Une validation finale interministérielle aura lieu avant le mois de novembre. Objectif : remettre la 5ème communication nationale de la France aux Nations-Unies avant les négociations sur le climat de décembre 2009.

Règlement européen en faveur de projets dans le domaine de l’énergie

Dans le cadre du plan de relance, le Conseil approuve un règlement en faveur de projets dans le domaine de l’énergie . Ce règlement vise à contribuer à la relance économique dans l’UE, à répondre aux impératifs de la sécurité énergétique et à réduire les émissions de gaz à effet de serre par une hausse des dépenses dans certains secteurs stratégiques. Il prévoit 47 projets et fixe pour chacun d’eux la contribution communautaire, avec une enveloppe financière totale pour la mise en œuvre en 2009 et 2010 de 3 980 millions d’euros, répartis entre 18 projets d’infrastructures pour le gaz , 9 projets d’infrastructures pour l’électricité, 2 projets concernant de petites îles , 5 projets d’énergie éolienne en mer et 13 projets de captage et stockage du carbone. En savoir plus

Le Royaume-Uni vise 40% d’électricité « bas carbone » en 2020

Le Royaume-Uni veut développer les énergies « bas carbone » (nucléaire, éolien, solaire, charbon « propre »… ) pour qu’elles produisent 40% de son électricité d’ici 2020, selon un nouveau plan gouvernemental. Cette transition devrait alourdir la facture des ménages de 6% d’ici 2020. Le gouvernement britannique devrait investir plus de 70 millions d’euros pour les énergies marines et 120 140 millions pour l’éolien offshore. Le plan prévoit la création d’un tarif d’achat pour 1,5 million de foyers produisant leur propre énergie renouvelable et devrait créer 400.000 emplois « verts » d’ici 2015. Un rapport de l’association britannique des « gouvernements locaux » propose quant à lui de faire des rabais sur l’électricité ou les mesures d’efficacité énergétique aux riverains de parcs d’éoliennes afin de rendre plus acceptable cette énergie, et de réunir en un fonds unique de 7 milliards de £ . Une mesure qui permettrait d’économiser 220 £ par an et par ménage, selon l’association. En savoir plus

LES SUITES A DONNER AUX AVANCEES DU G8 ET DU MEF DE L’AQUILA

Les résultats déjà obtenus et ceux encore à obtenir

A cinq mois de la conférence de Copenhague, les pays du G8, réunis à l’Aquila (Italie), ont reconnu mercredi pour la première fois la nécessité de limiter le réchauffement à moins de 2°C par rapport à l’époque pré-industrielle. A cette fin, ils se sont engagés à réduire de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES)d’ici 2050 et celles des pays industrialisés de 80% ou plus, par rapport à 1990 ou "une année plus récente". C’est un progrès important du G8 par lequel les pays développés reconnaissent le défi scientifique du GIEC ainsi que le rôle de leadership qu’ils doivent jouer dans la lutte contre le changement climatique. Les réunions d’Heiligendamm en 2007 et de Toyako en 2008 n’avaient pas permis de telles avancées. Les pays émergents se sont ralliés à l’objectif des 2°C le lendemain de la réunion du G8. Les seize principaux pays émetteurs de CO2 de la planète (responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre mondiale), développés et en développement, réunis jeudi en sommet « Major Economies Forum on Energy and Climate » (MEF), ont reconnu ensemble la nécessité de limiter le réchauffement mondial à 2°C par rapport au niveau pré-industriel. Ils se sont ensuite engagés à identifier un objectif commun des réductions des émissions de GES d’ici à 2050. Si ces résultats constituent des progrès certains en vue de Copenhague, on peut néanmoins regretter l’absence d’objectifs de réduction des émissions de GES à horizon 2020 assurant que nous sommes sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de 2050. Les prochaines réunions du MEF, du G20 à Pittsburg, et les sessions onusiennes doivent permettre de définir un objectif intermédiaire à hauteur du défi scientifique ainsi que d’avancer sur le soutien financier aux pays les plus vulnérables au réchauffement.En savoir plus

Les résultats obtenus à l l’Aquila  :

  • Référence à la nécessité de limiter l’augmentation de température à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels (G8 et MEF).
  • Mention du fait qu’un pic global des émissions doit avoir lieu « le plus tôt possible » (G8 et MEF).
  • Introduction de la notion de comparabilité (G8 et MEF).
  • Objectifs moyen terme (G8 et MEF) : . pour le pays développés : réductions « robustes » et en ligne avec les objectifs de long terme (notion de trajectoire). . pour les pays en développement : déviation significative par rapport au « business as usual ».
  • Objectif long terme : . objectif de réduction de 50% en 2050 en agrégé et 80% en 2050 pour les pays développés (G8). . « travailler à identifier » un objectif global pour des réductions des émissions mondiales substantielles d’ici à 2050 (MEF).

Les résultats à obtenir d’ici la fin de l’année  :

  • Objectif moyen terme : des engagements chiffrés pour les pays développés et ce notamment afin d’obtenir des pays en développement un accord sur un objectif de réduction de 50% en agrégé en 2050, dans le cadre du MEF.
  • Poursuivre les discussions sur la question de la comparabilité.
  • Financement : obtenir un consensus sur la proposition mexicaine, préciser les détails de cette proposition et les modalités d’un éventuel couplage avec la proposition norvégienne.
  • Forêt : modalités de prise en compte de la forêt dans la négociation.
  • Technologie : le concept de « global partnership » lancé par le MEF à l’Aquila reste à définir

Les actions pour y parvenir

Au niveau européen , cinq grands sujets devront être résolus : les engagements et objectifs de réduction des émissions (comparabilité, passage du 20 à 30% au niveau UE) ; le financement incluant le « burden sharing » intra-européen ; la forêt dans les engagements des pays développés (Lulucf) et dans les actions des pays en développement ( REED) ; la réforme des mécanismes de développement propre et des crédits sectoriels ; les émissions du transport aérien et maritime . Ces questions seront adressées lors des grand rendez-vous de la Présidence suédoise : le Conseil ECOFIN (20 octobre), le Conseil environnement (21 octobre) et le Conseil européen (29-30 octobre)

Au niveau international , plusieurs enceintes doivent se compléter . Le Forum des Economies Majeures (MEF) de niveau ministériel qui permet des discussions politiques importantes en matière d’atténuation, de financement, d’adaptation et de technologie : de nouvelles réunions devraient être programmées dès septembre. Les rencontres onusiennes pour poursuivre les discussions sur les textes de négociation, avec 3 rendez vous avant Copenhague : août, septembre/octobre et novembre . Le « Sommet climat » des Nations Unies de niveau Chefs d’Etat et de gouvernement, afin de mobiliser les leaders politiques en faveur du succès de Copenhague et de donner l’impulsion nécessaire aux dernières sessions de négociation. Le Sommet du G20 également de niveau Chefs d’Etat et de gouvernement, qui sera très fortement axé sur la question du financement de la lutte contre le changement climatique.

Au niveau national , il convient de réussir à créer l’alliance avec l’ Afrique (dont Afrique du Sud) et les petits état insulaires afin de faire pression sur les pays les moins ambitieux et ensuite se tourner vers les Etats-Unis, la Chine et le Brésil.

EN CHIFFRES

64 Euros

Fiscalité Energie et CO2

64 euros : c’est le coût moyen de la taxe carbone implicite pour une tonne de CO2 en France alors que la moyenne européenne s’établit à 47 euros. Mais la fiscalité française sur l’énergie rapportée au PIB est l’une des plus faibles d’Europe. La contribution énergie climat en cours de discussion permettrait à la France de rattraper son retard par rapport à la moyenne européenne. En savoir plus

ACTUALITES INTERNATIONALES

Cinquième réunion ministérielle du cycle de Groenland

La future présidence danoise de la Conférence de Copenhague a convoqué une réunion informelle ministérielle à Ilulissat, début juillet. Objectif : nouer un véritable dialogue politique au niveau des ministres d’un groupe équilibré d’une vingtaine de pays, dont la France : les grands pays développés et pays émergents, mais aussi certains pays moins avancés et les petits Etats insulaires. Cette réunion a contribué à approfondir le débat au niveau ministériel sur les questions clefs pour l’accord de Copenhague et a permis aux ministres de mieux se connaître et de prendre l’habitude de travailler ensemble. Le débat est reflété dans de simples conclusions de la présidente. Le Danemark prévoit une nouvelle réunion informelle ministérielle à New York les 19-20 septembre 2009 , juste avant le sommet organisé par les Nations Unies , et une réunion ministérielle préparatoire de la COP15 à Copenhague les 16-17 novembre 2009. En savoir plus

Préparation du cinquième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)

Le GIEC a pour mission d’évaluer les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation . L’une des principales activités du GIEC consiste donc à procéder, à intervalles réguliers, à une évaluation de l’état des connaissances relatives au changement climatique, car il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche à travers ses rapports. Quatre rapports d’évaluation sur le climat ont déjà été publiés par le Giec : le dernier date de 2007, celui-ci ayant largement guidé les négociations de Bali , qui ont décidé de la date butoir de 2009 pour s’entendre sur un nouvel accord mondial sur le climat . Quelques 200 experts du monde entier, dont plusieurs français avaient rendez-vous à Venise afin de préparer le cinquième rapport dont la publication est prévue pour 2013 et 2014 et organiser le travail pour la rédaction des rapports des 3 groupes de travail (Physique du climat, Adaptation et Atténuation) et du rapport de synthèse. Cette réunion a abouti aux plans des trois rapports, et ces plans doivent maintenant être approuvés par la plénière du GIEC en Octobre. Ensuite, un appel à candidature des auteurs aura lieu vers le mois de Novembre, pour une sélection qui se fera d’ici au mois d’Avril 2010. En savoir plus

Réunion informelle des 2 groupes de travail post 2012

En vue des nouvelles rencontres onusiennes du mois d’Août à Bonn en Allemagne ( 10/14 Août) , 2 nouveaux textes de négociation sont désormais disponibles. Celui sur les nouveaux engagements des Parties de l’Annexe I au titre du Protocole de Kyoto, nommé « Documentation », a été établi par le Président du groupe de travail et ce sous sa propre responsabilité en vue de faciliter les négociations entre les Parties . Cette documentation d’une quatre vingtaine de pages a été établie en quatre parties : les 2 premières contiennent des propositions d’amendements au Protocole de Kyoto , la troisième est une compilation de propositions de décisions sur différents sujets du protocole ( échange de crédits, mécanismes, forêts, gaz …) et la partie 4 contient une compilation de propositions chiffrées pour les futurs engagements des Parties de l’Annexe I. Le second texte d’une centaine de pages est un texte de négociation révisé sur l’action coopérative de long terme (AWG LCA) , établi également par le président du groupe de travail et issu des observations générales , réserves, objections et propositions d’ ajouts et de modifications faites par les Parties sur le texte initial proposé aux négociations de juin . En savoir plus

Comité de rédaction

 

Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat

Directeurs de la rédaction : Raymond Cointe et Gwenaelle Huet

Rédaction : Marie Jaudet