N° 59 - Santé, biodiversité et nature en ville, des ÉcoQuartiers synonymes de bien vivre et de qualité de vie
 

Le mot du bureau

Le mot du bureau


Bonjour à toutes et à tous,

« Faire des ÉcoQuartiers des territoires attractifs pour leur qualité de vie et leur capacité de bien vivre, en lien avec leur environnement » : le récent renouvellement du label ÉcoQuartier a permis de (re)mettre au premier plan certaines attentes des citoyens, et de les traduire dans les politiques publiques.
Conçus dans le respect des 20 engagements de la charte éponyme, les ÉcoQuartiers vont favoriser le développement d’usages et de pratiques soucieux de préserver la nature, la biodiversité et la santé de leurs habitants. La diversité des projetsest une richesse.
Les retours d’expériences peuvent emprunter des canaux différents : reconnaissance locale ou nationale à l’instar du label ÉcoQuartier bien sûr, mais aussi de l’opération « capitale française de la biodiversité », partage de données facilité par le numérique (City Green Map), approche pédagogique et mise en valeur d’un patrimoine végétal et culinaire local (Cilaos). L’attention particulière donnée à la prise en compte de la santé dans les opérations d’aménagement (qualité de l’air intérieur et extérieur, pollutions, …) atteste d’un nouveau regard sur la manière de penser et de faire la ville tous ensemble.
L’agriculture urbaine est l’un des vecteurs de ce « bien vivre » et doit concilier les problématiques de nature, biodiversité, circuits courts et alimentation saine et durable. Elle se développe dans les projets d’ÉcoQuartiers, comme par exemple à Montévrain (77), où l’EPAMarne, aménageur de l’ÉcoQuartier de Montévrain, labellisé étape 2, lance un appel à manifestation d’intérêt pour l’implantation d’une activité d’agriculture biologique.
Étant donné l’engouement pour le sujet, gageons que les exemples vont se multiplier dans les années à venir !

Bonne lecture,
Le bureau AD4
DGALN

Point sur :

l’opération Capitale Française de la biodiversité, qui porte en 2017 sur « aménager, rénover, bâtir avec la biodiversité »


Quelles sont les finalités de l’opération "capitale française de la biodiversité" ?
L’opération Capitale française de la Biodiversité, c’est d’abord un outil de sensibilisation des acteurs locaux aux enjeux de la biodiversité au plus proche d’eux, sur leur territoire. Et c’est évidemment un dispositif d’animation, une occasion pour eux de nouer du dialogue entre partenaires locaux, que ce soit au travers des ateliers régionaux organisés partout en France métropolitaine entre février et mars, où autour du questionnaire qui est un bon prétexte pour réunir les différents services de la collectivité mais aussi ses partenaires : associations, institutions, bailleurs, entreprises…
C’est aussi une formidable machine à récolter les bonnes pratiques, au travers du recueil d’actions exemplaire annuel. Depuis 2010, ce sont plus de 400 actions de collectivités françaises qui ont été identifiées et mises à disposition sur www.capitale-biodiversite.fr avec l’objectif de faire gagner du temps, de démultiplier, de mutualiser entre collectivités…

Pourquoi ce thème 2017 "aménager, rénover, bâtir avec la biodiversité" ?
Les villes et les intercommunalités ont une responsabilité majeure au regard de la perte de biodiversité, d’abord parce qu’elles contribuent du fait de leur développement à l’artificialisation croissante du territoire et à la destruction d’habitats naturels. L’identification de la trame verte et bleue et sa prise en compte dans les documents d’urbanismes est cruciale. Mais en retour, la ville plus dense et plus compacte doit aussi être une ville plus verte, plus fraîche, résiliente, pleine d’opportunités de contact renoué entre citadins et monde vivant… et la nature offre tout cela !

Quels sont les modes de valorisation de ces territoires qui s’engagent pour la nature ?
Bien entendu, il y a une dimension compétition, puisque l’on cherche à désigner la capitale française de la biodiversité pour l’année, la collectivité qui sera le porte-drapeau de l’action territoriale de proximité. Elle sera choisie parmi quatre lauréats nationaux représentants les petites villes, les villes moyennes, les grandes villes et les intercommunalités. Il y a aussi deux prix régionaux, en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, régions qui s’impliquent fortement dans l’organisation de l’opération au travers de leurs agences régionales respectives, Natureparif et l’ARPE Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Mais tous les participants se voient récompensés de leurs efforts en recevant un label « Ville-nature » ou « Intercommunalité-nature » exprimé en niveaux de 1 à 5 libellules. C’est un outil de valorisation fondé sur la reconnaissance d’une démarche de progrès, positif pour tous, qu’on soit une collectivité débutante dans la prise en compte de la biodiversité dans les politiques publiques, ou une collectivité déjà fortement engagée pour la préservation de la nature.

Comment cette opération converge-t-elle avec les buts avec la démarche ÉcoQuartier ?
Le Ministère porteur de la démarche EcoQuartier’fut partenaire de l’opération des ses débuts, en 2010, au titre du Plan Nature en ville. Depuis, l’implication de l’État s’est renforcée et élargie avec la contribution du Ministère en charge de l’Environnement, et cette année avec l’Agence française pour la Biodiversité. L’enjeu est de contribuer à faire vivre cette fameuse approche transversale que l’on appelle souvent de nos vœux : s’intéresser à la biodiversité à l’échelle d’un territoire, c’est parler planification, gestion, citoyenneté… Exactement ce que font les acteurs engagés dans le label Écoquartier !

Témoignage :

Mr Eric TOCQUER – Directeur Adjoint Aménagement Urbain et Habitat - Ville de Rennes et Rennes Métropole

Rennes a obtenu en 2016 le prix « capitale française de la biodiversité »


- 1. Quel est le retour attendu et constaté du prix capitale française de la biodiversité obtenu en 2016 ?

Pour la Ville de Rennes, ce prix national est à la fois une reconnaissance du travail accompli depuis de nombreuses années et un formidable vecteur d’échanges avec les partenaires locaux et nationaux, autour de pratiques innovantes en faveur de la biodiversité.
Il est important également de le resituer dans la mise en place début 2016 du Conseil Local de la Biodiversité lequel réunit dans des séances de travail et de partage les associations, naturalistes, les universitaires et scientifiques locaux, ainsi que les représentants institutionnels des différentes échelles du territoire.
La dynamique instaurée va ainsi permettre de continuer à innover, expérimenter et faire ensemble.

- 2. Comment articulez-vous la prise en compte de la biodiversité et l’aménagement urbain, en particulier dans le projet d’EcoQuartier de la Courrouze labellisé par le ministère en charge du logement ?

L’EcoQuartier de la Courrouze, qui a reçu le prix "Nature en Ville" en 2011, développe l’idée de "Vivre en ville et d’Habiter dans un parc". Ce nouveau quartier qui accueillera à terme près de 10 000 habitants et 3000 emplois est avant tout un ancien site industriel militaire dont le projet prévoit la reconquête et sa réinsertion dans la ville.
Il est notamment organisé autour d’une liaison paysagère structurante qui relie le centre-ville de Rennes aux espaces naturels et de loisirs de la Prévalaye, lequel constitue un vaste poumon vert pour l’ensemble de l’agglomération rennaise. Celle-ci met en réseau différents boisements et espaces verts que le projet a pris grand soin de préserver et de valoriser en lien avec les nouvelles fonctions urbaines à accueillir qui s’inscrivent dans ces interstices.
La valorisation des eaux de pluie y constitue un enjeu fort avec la création de noues, fossés, bassins, qui favorisent les écoulements et la captation et participent à la valorisation de la flore et la faune en place. Une attention particulière a également été portée à la nature des sols et une prise en compte de ces derniers dans la conception de l’EcoQuartier.
Cette opération de renouvellement urbain fait de cette trame verte et bleue un support à la fois d’usages et de biodiversité, mais aussi de reconquête des sols en lien avec les usages antérieurs d’activités du site.

- 3. Les enjeux de santé émergents sont-ils pris en compte dans les espaces de nature en ville que vous instaurez ?

Les nouveaux enjeux de santé sont effectivement totalement pris en compte dans les projets rennais et métropolitains. Ils sont mis en œuvre à la fois de manière plus globale dans la définition des nouveaux documents d’urbanisme mais également au niveau des actions d’aménagement, dont celles relatives aux espaces de nature en ville.
Les questions telles que le réchauffement climatique, la gestion des sols pollués ou encore la qualité de l’air mais aussi la gestion de l’eau, sont traitées avec une grande attention. Cette approche est fondamentale compte-tenu des interventions de plus en plus fréquentes de renouvellement urbain en réponse à la préservation des espaces agricoles et naturels et qui nécessite une requalification parfois complexe des sites d’intervention. Les opérations de la Courrouze citée précédemment ou l’aménagement en cours du Parc Naturel Urbain des Prairies Saint-Martin à Rennes, lesquelles visent à transformer d’anciens sites industriels pour de nouvelles fonctions, illustrent ces actions d’aménagement (transformation d’un secteur d’activités et d’habitat en zone inondable en zones humides et espaces de loisirs, à proximité du centre-ville pour ce dernier exemple).
La lutte contre le phénomène des îlots de chaleur et l’aménagement de zones ombragées et végétalisées avec le choix de matériaux à faible absorption de chaleur sont également pris en compte dans le projet urbain Rennes 2030. La mise à disposition d’espaces de nature de proximité, sur l’ensemble du territoire rennais, contribue à la qualité du cadre de vie et influe positivement sur la santé des habitants.
Ces nouvelles approches répondent totalement aux attentes des usagers exprimées dans les démarches de concertation conduites par la collectivité dans le cadre de la "Fabrique Citoyenne". Ces préoccupations émergent également dans les projets proposés par les habitants au titre du budget participatif de la Ville de Rennes. Ceci témoigne de l’intérêt de tous pour la prise en compte de ces enjeux.

Brèves

Un groupe de travail interministériel « urbanisme et santé »

Le rapport d’Alain Jund sur le renouvellement de la démarche ÉcoQuartier, produit en décembre 2016 , incite au développement de lien plus étroits avec les acteurs de la santé qui participent de plus en plus à la conception et à la gestion des villes. La démarche EcoQuartier s’associe donc au groupe de travail mis en place par le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé qui souhaite aboutir à des éléments et outils d’analyse des projets sous l’angle de la santé pour 2018 en lien notamment avec l’École des Hautes Études en Santé Publique de Rennes et la FNAU. A noter que la charte ÉcoQuartier, à travers ses vingt engagements, permet au maître d’ouvrage de prendre en compte la plupart des différents déterminants de santé pour un urbanisme favorable à la santé déjà mis en avant par l’EHESP.


Cilaos, un centre bourg engagé pour la valorisation de son patrimoine végétal

La commune de Cilaos à la Réunion, engagée dans le programme national de revitalisation des centres-bourgs, a signé sa convention de revitalisation le 23 mars 2017. Outre les axes d’intervention liés à l’habitat et la mobilité, Cilaos prévoit d’asseoir son développement sur la structuration d’une économie autour de la singularité de son cirque. Cette action se traduit notamment, en termes de nature en ville, santé et préservation de la biodiversité par :
  • la création d’un jardin botanique consacré aux plantes médicinales en complément au jardin des Mascarins (Saint-Leu) qui regroupe l’ensemble des espèces endogènes de l’île ;
  • la création de la Maison de la Lentille, produit du terroir largement reconnu y compris hors de l’île. Cette filière agricole en cours de structuration regroupe même plus de cent producteurs. Cette structure comportera également une salle équipée pour des Ateliers de cuisine qui mettront en valeur la lentille de Cilaos ;
  • l’amélioration du cadre de vie par la valorisation de la Mare à joncs, etc.

Pour en savoir plus : http://www.projet-territoire-cilaos.fr/index.php


City Green Map, une application pour valoriser la biodiversité en ville

Issue du hackathon de l’urbanisme durable, organisé en février 2017 par le ministère de l’environnement, « CityGreenMap » est une application collaborative. CityGreenMap permet de valoriser la biodiversité en ville en créant une synergie participative autour de la biodiversité. La ville devient ainsi plus verte et plus durable, avec l’aide de toutes les parties prenantes. Les informations, observations et connaissances du terrain des associations, riverains et habitants des quartiers sont croisées avec les expertises, les données techniques et les études réalisées par des bureaux spécialisés, complétées par les travaux de recherche et géo localisées sur le géo portail de l’urbanisme, enrichi de liens vers les différentes plateformes numériques régionales, EcoQuartiers, IGN, documents d’urbanisme. CityGreenMap apporte des services fiables autour de la biodiversité, informe et permets aux acteurs de la ville (aménageurs, bureaux d’études, acteurs publics, riverains, …) de connaître en temps réel le potentiel de biodiversité existant et comment le développer, aide à la prise de décision, facilite la concertation autour d’un projet et son insertion écologique. Un outil unique pour favoriser la biodiversité en ville en s’appuyant sur toutes les expertises existantes.

Contact : Cristina valean (c.valean@tpfi.fr)


Agenda

Agenda national

  • Article actu sur le site internet écoquartiers-club. : Un appel à manifestation d’intérêt pour le cœur agro-urbain de l’ÉcoQuartier de Montévrain organisé par l’EPAMarne, aménageur de l’ÉcoQuartier, en lien avec ses partenaires : les modalités de candidature sont disponibles ici.